En marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID à Bakou, Afriland First Bank a signé un protocole d’accord de 50 millions d’euros avec l’Islamic Corporation for the Development of the Private Sector (ICD). Une opération qui porte à 113 millions d’euros le partenariat entre les deux institutions et qui cible directement le financement des PME camerounaises.
Le signal est fort. Et il vient de Bakou.
Le 29 juillet 2026, en Azerbaïdjan, à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque Islamique de Développement organisées sous le thème « Intégration régionale pour une prospérité durable », Hervé Ayissi, Directeur Général Adjoint d’Afriland First Bank, a scellé une nouvelle étape de l’alliance entre la première banque camerounaise et l’ICD.
Une Déclaration d’intention pour la structuration d’une facilité de financement syndiqué de 50 millions d’euros. Conforme à la Charia, comme toujours avec l’ICD.
Une confiance qui se paie cash
Dans le petit monde très sélectif de la finance islamique internationale, être retenu par l’ICD n’est pas anodin. C’est ce que souligne d’ailleurs la direction d’Afriland dans son communiqué.
Et pour cause : ce n’est pas un coup d’essai. C’est la cinquième opération. Avant ces 50 millions, la banque de Yaoundé avait déjà mobilisé quatre lignes de l’ICD pour un volume cumulé de 63 millions d’euros. On passe donc à plus de 113 millions d’euros de ressources islamiques canalisées vers le Cameroun par le seul canal Afriland.
Une reconnaissance internationale de son modèle : financer l’économie réelle, partager le risque, créer de la valeur durable. Loin de la finance spéculative.
Où ira l’argent ?
La banque est claire : la future facilité ne financera pas des projets vitrine. Elle vise le cœur productif de l’économie camerounaise.
Sont éligibles : l’agriculture, l’agro-industrie, la santé, l’industrie manufacturière et les transports. Cinq secteurs qui sont précisément les piliers de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).
Traduction concrète : plus de lignes de crédit disponibles pour les Petites et Moyennes Entreprises, ce maillon qui représente plus de 90% du tissu économique mais qui reste le parent pauvre du financement bancaire classique.
Au-delà des 50 millions
Ce protocole d’accord est plus qu’une ligne de plus dans le bilan d’Afriland – qui pesait déjà 2 550 milliards de FCFA fin 2025, dont 1 667 milliards de crédits à l’économie.
C’est la confirmation d’une tendance de fond : l’accès aux financements alternatifs s’ouvre pour le Cameroun. Dans un contexte où la liquidité est chère et où les banques sont frileuses, la finance islamique s’impose comme un complément crédible, non confessionnel mais éthique, pour financer des projets créateurs d’emplois.
L’ICD, institution multilatérale notée A2 par Moody’s et A+ par Fitch, basée à Djeddah et forte de plus de 25 ans d’expérience, ne s’y trompe pas. Elle mise sur le leader du marché bancaire camerounais pour toucher sa cible.
Reste maintenant la question clé pour les chefs d’entreprise : le décaissement. La Déclaration d’intention est signée. La structuration de la facilité syndiquée va suivre. Les PME attendent la suite. Et vite.
L’analyse de Banque Hebdo :
Afriland ne joue plus seulement la carte du leader national. Elle se positionne comme le hub de la finance islamique en Afrique centrale. Avec cette nouvelle ressource, elle renforce sa capacité à mobiliser des devises longues, une denrée rare. Un avantage compétitif majeur face à ses concurrents.
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