Face aux inquiétudes suscitées par la baisse des avoirs extérieurs fin 2025, le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a tenu à rassurer les marchés : la parité actuelle reste inébranlable. Les fondamentaux macroéconomiques de la sous-région permettent d’exclure tout scénario de dépréciation monétaire.
Par la Rédaction de Banque Hebdo — Publié le 20 janvier 2026
La rumeur enflait dans les cercles financiers, alimentée par un recul des réserves de change au cours du dernier semestre. Pourtant, la réponse de la Banque Centrale est sans équivoque : le Franc CFA de la zone CEMAC n’est pas menacé. En s’appuyant sur des indicateurs de croissance encourageants, l’institut d’émission affiche sa sérénité.
Des réserves sous contrôle malgré la baisse
Si les avoirs extérieurs ont connu une érosion fin 2025 pour s’établir à environ 6 377 milliards de FCFA, le Gouverneur de la BEAC souligne que le taux de couverture de la monnaie demeure largement confortable.
« La stabilité de notre monnaie n’est pas négociable. Nos réserves couvrent plus de 4 mois d’importations, ce qui est bien au-delà du seuil de vulnérabilité », précise une source proche de la direction de la recherche.
Mieux encore, les services techniques de la banque centrale projettent un rebond significatif de ces réserves en 2026, visant le cap des 6 566 milliards de FCFA, grâce à la remontée des cours des matières premières et à une meilleure rapatriement des devises.
Une croissance à 4,6 % comme bouclier
L’argument majeur de la BEAC repose sur la résilience économique des six États membres. Les prévisions pour 2026 sont optimistes avec une croissance projetée à 4,6 %. Ce dynamisme, porté par le secteur non pétrolier et les réinvestissements dans les infrastructures, offre une garantie de stabilité pour le taux de change.
Pour les banques locales, ce message est un signal fort de continuité. Le maintien de la politique monétaire actuelle, caractérisée par une gestion rigoureuse des liquidités, vise précisément à contenir l’inflation et à préserver la valeur externe de la monnaie.
La réglementation des changes en renfort
La BEAC compte également sur la stricte application de la réglementation des changes. En obligeant les opérateurs économiques (notamment dans les secteurs extractifs) à rapatrier leurs revenus d’exportation, l’institut d’émission sécurise les flux de devises nécessaires à la stabilité du compte extérieur.
En résumé, pour Banque Hebdo, l’heure est à la stabilité. Les acteurs économiques peuvent continuer à opérer sans crainte d’un choc monétaire imminent.
En chiffres clés (Prévisions 2026) :
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Croissance PIB : 4,6 %
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Réserves de change ciblées : 6 566 milliards de FCFA
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Inflation : Maintenue sous le seuil communautaire de 3 %
Quel impact pour les banques commerciales camerounaises ?
L’assurance donnée par la BEAC sur la stabilité du Franc CFA est un signal crucial pour les banques du Cameroun et de la sous-région. Pour les directeurs de trésorerie et les gestionnaires de risques, cette annonce induit trois conséquences majeures :
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Réduction du risque de change : L’élimination du spectre de la dévaluation permet aux banques de continuer à structurer des financements à long terme sans craindre une explosion du coût de la dette libellée en devises étrangères pour leurs clients importateurs.
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Confiance des investisseurs étrangers : La stabilité monétaire garantit aux partenaires internationaux la sécurité de leurs placements. Cela facilite les lignes de crédit extérieures indispensables aux banques locales pour financer les grands projets d’infrastructure.
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Maîtrise du coût des liquidités : En évitant un ajustement monétaire brutal, la BEAC maintient une certaine prévisibilité sur les taux directeurs, permettant aux banques de mieux calibrer leurs taux de sortie pour les crédits aux entreprises et aux particuliers.
L’avis de Banque Hebdo : En stabilisant les anticipations, la BEAC offre au secteur bancaire la visibilité nécessaire pour accompagner la croissance de 4,6 % prévue cette année. C’est une bouffée d’oxygène pour le crédit à l’économie.