Le verdict est tombé. Dans un rapport d’évaluation publié en décembre 2025, le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) chiffre à 245 milliards de FCFA les pertes directes liées à la crise post-électorale. Alors que 40 % des entreprises avouent ne plus pouvoir honorer leurs échéances bancaires, une question cruciale se pose pour les épargnants : dans ce climat d’incertitude, où l’argent est-il le plus en sécurité ?
Le constat du GECAM est sans appel : une contraction de 33,5 % du chiffre d’affaires des entreprises et un manque à gagner fiscal de 43,3 milliards de FCFA. Douala, poumon économique du pays, panse ses plaies avec 160,5 milliards de pertes. Dans ce contexte de fragilité extrême, la tentation de retirer ses liquidités pour les garder « sous le matelas » pourrait resurgir. C’est pourtant, selon les experts, le risque le plus important à éviter en 2026.
La banque, bien plus qu’un coffre-fort
Si le tissu productif est fragilisé, le système bancaire, lui, reste le pilier de la résilience. Contrairement à l’argent stocké à domicile — exposé au vol, aux sinistres et à une dépréciation immédiate — l’argent en banque bénéficie d’une protection juridique et institutionnelle unique.
« Dans une période où 81 % des entreprises jugent leur situation critique, la banque n’est plus seulement un lieu de dépôt, c’est un sanctuaire de garanties », explique un analyste financier contacté par Banque Hebdo. Grâce au FOGADAC, même en période de turbulence, les dépôts des particuliers restent protégés par les mécanismes de garantie de la zone CEMAC.
L’inflation : ce voleur que vous ne voyez pas
La crise a entraîné une poussée inflationniste marquée, notamment dans l’agriculture et l’industrie. Garder du cash à la maison en période d’inflation revient à accepter une diminution quotidienne de son pouvoir d’achat. À l’inverse, les livrets d’épargne bancaires, bien que modestes, offrent un rendement qui permet de freiner cette érosion monétaire.
Le plaidoyer du GECAM : un appel à la solidarité bancaire
Face aux 40 % de défauts de paiement potentiels, le patronat appelle à un soutien renforcé. Ce dialogue entre le GECAM et les institutions financières sera le grand chantier de ce début d’année. Pour l’épargnant, cela signifie une chose : le système se mobilise pour éviter l’effondrement.
La fluidité des échanges, réclamée par le GECAM, passe par une confiance maintenue dans les circuits formels. La crise de 2025 a prouvé que l’imprévisibilité est la seule constante ; dès lors, la sécurité contractuelle de la banque demeure le meilleur allié du citoyen prévoyant.
[LES CHIFFRES CHOCS]
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245,5 milliards FCFA : Le coût global du choc économique.
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17,3 % : Le taux d’entreprises ayant dû réduire leurs effectifs.
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40 % : La part des entreprises incapables de rembourser leurs crédits bancaires à l’heure actuelle.
Le Verdict de Banque Hebdo : Si le rapport du GECAM souligne une fragilité réelle des entreprises, il confirme indirectement la nécessité de la bancarisation. En temps de crise, l’argent liquide à domicile est une cible. En banque, il est une créance protégée par la loi communautaire.